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A Gisors, Carole Filiu-Mouhali et Gilles Manceron ont accompagné la projection de « Ne nous racontez plus d’histoires »

samedi 7 janvier 2023, par François-Xavier Ricard , Jacques Devos

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Carole Fliu-Mouhali, co-réalisatrice du film, et l’historien Gilles Manceron ont présenté “Ne nous racontez plus d’histoires”, le 3 décembre 2022, à Gisors (Eure)

À l’initiative de la 4acg (et pourtant, un seul adhérent à Gisors et dans tout le département de l’Eure, mais rejoint pour l’occasion par un couple d’adhérents venus tout exprès de Lille…) et grâce à l’appui déterminant de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme) locale, le cinéma municipal de Gisors a inscrit dans son programme la projection de ce film.
Carole et son mari Ferhat Mouhali, tous deux adhérents de la 4acg, en sont les réalisateurs. Gilles Manceron est historien, spécialiste de l’histoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie et il est membre du Comité national de la Ligue des Droits de l’Homme.

Entre silences et ignorance, la difficile quête de vérité

Une quarantaine de spectateurs étaient là, curieux de toutes façons de l’histoire des relations entre la France et l’Algérie et, pour plusieurs, membres de la LDH, du groupe local ATTAC, de Gisors en Commun, une association citoyenne…

Après avoir vu le film, elles et ils ont échangé avec Carole et avec Gilles, sur différents thèmes.

Les questions posées à Carole étaient plutôt : « pourquoi ce film ? », « comment avez-vous choisi les personnes que l’on voit et que l’on entend ? », « avez-vous eu des difficultés avec les autorités algériennes ? », « est-ce-que ces personnes, les membres de vos familles en particulier, ont parlé volontiers ? » …

D’autres interventions et questions, destinées plutôt à Gilles, concernaient l’histoire si complexe de la guerre d’Algérie : les Algériennes et Algériens engagé-e-s dans cette guerre, soit comme combattants, soit comme clandestins de toutes sortes ; les fractures parfois meurtrières entre les deux mouvements de l’indépendance algérienne (FLN et MNA) ; les militaires français, les appelés du contingent en particulier ; la complexité de la société « pied-noir », les grandes inégalités en son sein, le mauvais accueil trop souvent fait aux pieds-noirs à leur arrivée en France ; la double peine des harkis, soit abandonnés par la France et maltraités, voire assassinés en Algérie, soit parqués en France dans des camps de misère ; l’OAS et sa folie meurtrière…

Un autre thème a souvent été abordé : celui des effets, lourds de difficultés aujourd’hui encore, de la conjugaison entre « silences » et « ignorances ». Silences de très nombreux acteurs et victimes de cette guerre, incapacité quasi-générale des « autres » à les écouter. Ignorances dues à l’inexistence, d’abord, puis à la portion congrue, dans les programmes d’enseignement en France, de ces thèmes des colonisations et des guerres de décolonisation. Et, du côté algérien, la mise en place méthodique, dès l’indépendance, dans l’éducation des jeunes et dans toute la gouvernance du pays, d’un récit mythifié, faisant du FLN et des combattants armés les seuls acteurs, pour l’éternité, de la conquête de l’indépendance et donc faisant de ceux qui se prétendent leurs héritiers les seuls légitimes détenteurs du pouvoir.

Ce film, fait essentiellement de témoignages, n’a donc pas la prétention de dire des vérités sur la guerre d’indépendance algérienne. Il refuse et combat toute forme d’appropriation et d’instrumentalisation de ces événements par des institutions et des groupes enfermés dans une vision figée, voire revancharde de ce passé. Il dit des mémoires diverses, parfois divergentes, mais dans lesquelles il y a toujours de la souffrance. Celles qu’ont subies les différents protagonistes de ces évènements tragiques, notamment celles et ceux dont même l’histoire actuelle ne parle pas encore assez : population musulmane de Melouza massacrée par le FLN, manifestants sauvagement réprimés à Paris par la police de Papon en octobre 1961, « rapatriés », harkis, quasiment internés dans des camps comme celui de St-Maurice l’Ardoise, dans le Gard, dont le film nous fait visiter les débris plus de cinquante ans après.

Il ne cherche pas à être exhaustif, mais à proposer une réflexion sur les conséquences que ce conflit a eues dans la vie des personnes appartenant à des groupes humains divers.

Et il s’achève sur un double regard vers le passé et vers l’avenir : Lounès et Gaya, les deux jumeaux, âgés d’un an, de Carole et de Ferhat, sur les genoux de leur arrière-grand-mère, qui leur chante une berceuse kabyle, là-bas, « au bled » …

Voici un lien qui vous conduira à une analyse plus complète du film faite par un Gisorsien professeur d’histoire et cinéphile averti : https://cinedweller.com/movie/ne-nous-racontez-plus-dhistoires-critique-du-film/.

La bande annonce du film : https://vimeo.com/471662827.

Ne nous racontez plus d'histoires ! from VraiVrai Films on Vimeo.

François-Xavier Ricard et Jacques Devos

Ne nous racontez plus d’histoires :

https://vraivrai-films.fr/catalogue/ne_nous_racontez_plus_d_histoires_

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