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Anciens adversaires, des acteurs de la guerre d’Algérie témoignent ensemble au Collège Mandela du Blanc-Mesnil (93)

mercredi 6 mai 2020, par Albert Meriau

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Nous étions six à témoigner sur cette sale guerre, le 22 mars 2019, au Collège Mandela du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis : un réfractaire, un moudjahidine, deux appelés, un pied-noir et Yamina, une fille de combattant algérien.

par Albert Meriau

Après avoir visionné la semaine précédente «  Retour en Algérie  », le film d’Emmanuel Audrain, les élèves de 3ᵉ s’étaient répartis en deux groupes pour rencontrer les intervenants, l’un le matin, l’autre l’après-midi.
La semaine suivant l’intervention, les professeurs ont demandé aux élèves d’afficher leurs réactions sur un panneau dans la salle des professeurs. Ces quelques réactions résument celles de l’ensemble des élèves :

« Grâce à cette rencontre, j’ai compris que pour connaître le véritable visage de l’Histoire, il fallait en écouter toutes les versions, tous les points de vue de ceux qui l’ont vécue. Je suis fière d’être de ces deux pays ». Deux dessins complètent le texte : les drapeaux des deux pays inscrits chacun dans un cœur.

« Jean Lagrave, le réfractaire, m’a marqué, car il a refusé de tuer les gens et a fait de la prison pour ça. J’ai aimé aussi Albert, car il aimait les Arabes. Bachir, l’ancien moudjahidine, voulait juste la liberté et l’indépendance ».

« j’ai été choqué qu’un jeune homme soit obligé de faire la guerre, sous peine de prison. Certains ont été obligés de torturer des Algériens. Ils ont à peine 18 ans et ils se retrouvent dans un champ de bataille avec une arme ».

« Ce qui m’a marqué, c’est le témoignage de Jean Lagrave. Il a dû aller en prison pendant plusieurs mois parce qu’il ne voulait pas aller à la guerre. Il a dû endurer plein d’épreuves seulement parce qu’il a préféré ne pas combattre. De plus, je reconnais son courage d’avoir refusé de prendre les armes, il est resté courageux malgré la pression que l’on devait lui faire »

« Bachir Hadjadj était un soldat. J’ai trouvé son histoire très émouvante car il s’est battu pour l’indépendance de son pays. Il avait fait la guerre, il est parti en prison pendant deux ans. Il écrit pour raconter son histoire et que sa fille sache d’où elle vient »

« Les choses qu’a vécues Stanislas Hutin m’ont marquée. Et il est aussi remarquable de voir que six personnes qui se sont fait la guerre étaient assises à la même table, ça me permet de me rendre compte que la France a commis des erreurs, et que sortant de la seconde guerre mondiale elle s’attaque à l’Algérie »

Yamina, 72 ans, vit au Blanc-Mesnil. Née en Algérie, elle a vécu ses premières années pendant la guerre. Elle allait à l’école quand son village a été détruit. Elle avait neuf ans .« J’ai porté mon petit frère sur mon dos quand une grenade est passée sous mes jambes. Quelques mois après, ma mère, mon petit frère et moi avons rejoint mon père en France ». (lire le témoignage complet de Yamina en PJ).

Albert Meriau

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