Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre

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Au lycée Jérémie De La Rue à Charlieu

samedi 30 juin 2018, par Anne Doussin , Pierre Carlier

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Cette fois, ce ne sont pas les membres de la 4 acg qui ont rédigé un article suite à leur intervention dans un lycée, mais le professeur qui avait organisé la rencontre.
Voici ce qu’il a conclu de cette rencontre :

Le jeudi 24 mai 2018, Messieurs Pierre Carlier et Georges Duray de l’association 4ACG sont venus rencontrer les élèves de la classe de 1re S – SVT pendant deux heures.

Cette rencontre avait pour but de compléter le chapitre du programme d’histoire appelé « La République face à la question coloniale » dans lequel doit être traitée la guerre d’Algérie selon les recommandations suivantes (source Eduscol 2013 – ressources pour la classe) :
« L’étude de la guerre d’Algérie peut s’appuyer sur les déclarations des dirigeants français - François Mitterrand en 1954, Guy Mollet en 1956 et De Gaulle à partir de 1958- qui révèlent le caractère particulier de la colonie pour la métropole. Elle explique une situation de guerre qui ne dit pas son nom et l’enlisement dans l’affrontement d’une France qui reste longtemps cramponnée à la fiction de l’Algérie française. Elle permet aussi de suivre l’évolution de la stratégie politique et militaire de la France et la manière dont les principes de la République sont revendiqués pour la justifier. Les années 1956-1958 marquent un tournant car l’opinion française devient majoritairement hostile à la guerre. Celle-ci se trouve au centre des débats : les intellectuels se mobilisent, la question de la torture est posée par Henri Alleg dans son ouvrage La Question (1958), les articles de Raymond Cartier appellent à la décolonisation. Certains événements, comme le massacre de Palestro en mai 1956, participent à cette mutation de l’opinion. Il convient aussi de mettre en lumière les déchirures qu’entraine le règlement du conflit : la guerre civile menée par l’OAS, le problème des Pieds-noirs, le sort douloureux des harkis. L’étude invite à faire le lien avec la question de la refondation de la République en 1958 et à poser le problème de la mémoire du conflit qui est au programme de la classe de Terminale S. »
Après avoir dispensé ce cours à mes élèves, j’ai rencontré Monsieur Carlier quelques jours avant la rencontre afin de discuter des différents thèmes à aborder tout en précisant que l’on pouvait garder une grande liberté de ton et d’organisation de la parole.

Messieurs Carlier et Duray ont commencé à témoigner à tour de rôle de leurs parcours d’appelés en Algérie précisant les dates, les lieux et particulièrement les rapports qu’ils avaient établis avec les populations locales. Ils ont aussi largement évoqué leur rôle dans l’armée mettant particulièrement l’accent sur leur désarroi et l’état de manque d’information dans lequel ils se trouvaient souvent maintenus. Nous avons aussi évoqué la question des pieds noirs, des attentats de l’OAS, de la violence de guerre en général et de la torture particulièrement. Ils ont bien sûrs rendu compte des souffrances morales vécues par les jeunes soldats de l’époque, dont ils ne sont pas encore remis pour beaucoup.
Cela a permis d’aborder la question de la mémoire de cette guerre, longtemps tue.
Bien sûr, il a été aussi important de mettre en avant la spécificité de la démarche de l’association 4ACG.
Les élèves se sont montrés très attentifs tout au long de la prise de parole par les témoins. En revanche les questions sont restées assez peu nombreuses et nous n’avons pas pu faire un bilan à la fin de cette rencontre en raison des cours suivants. J’ai pu le faire lendemain et les élèves m’ont signifié qu’ils y avaient trouvé un grand intérêt disant qu’ils ont été particulièrement sensibles au fait que cela a rendu les idées du cours véritablement concrètes. Ils ont aussi réitéré la volonté d’interroger les personnes de leur famille, contemporaines de cette guerre. Enfin ils m’ont clairement signifié que ce type de rencontre leur importait beaucoup.
Enfin je tiens à renouveler mes sincères remerciements à Messieurs Carlier et Duray pour avoir su s’adresser avec simplicité et sincérité à mes élèves.

C. JOLY – Professeur d’histoire géographie au lycée Jérémie De La Rue à Charlieu.

Messages

  • Bonsoir

    Quand je lis ce compte -rendu, j’ai beaucoup d’émotions, je me dis que j’ai beaucoup de chance d’avoir eu sur mon chemin l’un des fondateurs de l’association 4acg, et que je suis très fiers d’y être en tant qu’amis
    Il est dit que ceux qui oublient leur passé sont condamnés à le revivre
    d’où l’importance de ces rencontres
    MERCI Christian Jansonnet

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