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Ces Européens et Juifs qui ont soutenu la révolution algérienne…

vendredi 18 novembre 2016, par Michel Berthelemy

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« Frères et compagnons » : tel est le titre du dictionnaire biographique que vient de publier Rachid Khettab, chercheur algérien, qui restitue ainsi à la mémoire collective un pan ignoré ou méconnu de la guerre de libération nationale algérienne.

A travers ce livre, c’est une sorte d’hommage que rend l’auteur aux Algériens d’origine européenne ou juive, mais aussi aux Français, qui se sont engagés en faveur de l’indépendance. Il s’agit en fait d’une édition revue et augmentée du premier dictionnaire parue en 2012, enrichi de nouvelles biographies. Combien étaient-ils, ces compagnons de lutte ? « Dans l’état actuel de nos connaissances, il est impossible de le dire » , répond l’auteur. « Je me suis contenté dans ce travail d’établir un répertoire basé sur des recoupements de lectures traitant de la guerre de libération. J’ai recueilli par ailleurs des témoignages d’acteurs du mouvement national. L’ensemble m’a permis d’établir un inventaire méthodique, ainsi qu’un répertoire alphabétique comprenant plus de 250 noms avec rappel biographique, qui peuvent servir de bases à de nouvelles recherches historiques ».

Qui étaient-ils, ces frères de combat ?

Après rappel de quelques éléments de sociologie historique, l’auteur évoque les femmes et les hommes « qui étaient anticolonialistes, mais pas forcément indépendantistes. Tous n’adhéraient pas aux thèses du FLN, mais tous rejetaient le système de domination coloniale. Une partie d’entre eux a pris fait et cause pour la révolution, certains mourront au combat, seront assassinés ou arrêtés, emprisonnés ou exilés ».
D’où venaient-ils, ces « frères de combat » ? Principalement de trois « groupes » : les chrétiens progressistes (scouts, travailleurs sociaux), parfois proches de l’Archevêque d’Alger ; des syndicalistes et des communistes ; et enfin les libéraux. A la fin de la guerre, certains ont pris la nationalité algérienne et ont occupé des postes à responsabilité dans les institutions de l’état et les grandes entreprises. D’autres ont préféré partir, surtout après 1965, sans pour autant couper les ponts avec l’Algérie.

Un ouvrage de référence

Le dictionnaire comprend plus de 300 notices biographiques et historiques, suivies de documents et de lettres représentatives d’un soutien et d’une implication réelle dans le combat. Si l’ouvrage cite des noms déjà bien connus, il répertorie également ceux de personnages méconnus ou d’oubliés de l’histoire, ce qui n’est pas la moindre des qualités de l’entreprise.

Il s’agit là, à coup sûr, d’un ouvrage de référence à l’intention des chercheurs, mais aussi du grand public, en même temps qu’un hommage vibrant à tous les « frères et compagnons », connus ou inconnus.

Frères et compagnons, dictionnaire biographique d’Algériens d’origine européenne et juive de la guerre de libération (1954/1962). Rachid Khettab, éditions Dar Khettab, 2016.

http://www.darkhettab.com/

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