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El Watan sous boycott politique

jeudi 6 mai 2021, par Michel Berthélémy

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par Ali Bahmane 3 mai 2021 à 10 h 44 min

Les lecteurs d’El Watan doivent savoir que le journal avec lequel ils partagent un parcours de plus de trois décennies est en grande difficulté, assurant difficilement sa viabilité, c’est-à-dire les salaires du personnel et les dépenses de fonctionnement de ses différents services.
La raison principale est la rupture unilatérale par l’agence publique ANEP du contrat que le journal a signé avec elle en janvier 2020, contrat qui ne fut honoré que durant quatre mois. L’ANEP n’a fourni aucune explication à cette mesure, ni sa tutelle d’ailleurs, prise au lendemain de la publication d’une enquête sur les biens amassés par les fils de l’ex-chef d’état-major Gaïd Salah.

Aucune erreur professionnelle n’a été commise par le journal, qui n’a fait que décrire une situation connue de tous à Annaba, de surcroît relatée publiquement par un député.
Est-ce pour cet écrit ou bien en raison de son illustration par la photo du général d’état-major défunt ? Quelle que soit la raison, la sanction, illégale et inadmissible, ne peut émaner que des hautes instances du pouvoir qui, pourtant, n’arrêtent pas de clamer leur souci de préserver la liberté d’expression.
Le boycott d’El Watan est une pratique ancienne. Depuis l’année 1993, les différents gouvernements interdisent à l’agence publicitaire ANEP de choisir El Watan comme support publicitaire, toujours sans justifications officielles.
Le régime Bouteflika aggrava en 2014 l’exclusion du journal qui, pour survivre, s’orienta vers les annonces publicitaires du secteur privé. Et bien entendu vers son lectorat, dont l’importance et la fidélité ont de tout temps contribué à le prémunir financièrement et à l’asseoir éditorialement.
El Watan avait un temps envisagé de se développer, programmant pour cela la construction d’un siège mais sa réception fut contrecarrée par les pouvoirs publics. Depuis de longs mois donc, le quotidien tente de survivre en vendant des biens et actifs, généralement des locaux et des véhicules.
La pandémie de Covid-19 a aggravé la situation par les perturbations qu’elle a occasionnées sur les ventes du journal. Et il faut le dire, si son lectorat reste important, le tirage avoisine les 60 000 exemplaires, une baisse est enregistrée par l’effet de la décrue affectant depuis quelques années le lectorat de la presse papier, de surcroît francophone, au profit des médias électroniques.

Et comme tous ses confrères, El Watan assume cette nouvelle réalité structurelle tout en restant confiant en l’avenir de la presse papier.
Encore faut-il que cesse le boycott politique qui le cible en raison de sa ligne éditoriale : objective, critique, responsable, patriotique et républicaine, reconnue à l’échelle nationale et internationale.

https://www.elwatan.com/edition/actualite/el-watan-sous-boycott-politique-03-05-2021

En même temps que l’information ci-dessus, nous recevons ce communiqué :

Il a été mis fin, dimanche 2 mai, aux fonctions du directeur général de l’établissement publique de Télévision (EPTV), Ahmed Bensebane, apprend-on auprès du ministère de la Communication.
Le directeur général-adjoint, Fethi Saidi, assure l’intérim jusqu’à nouvel ordre, précise la même source. Bensebane a été nommé à ce poste le 27 janvier 2020.

Messages

  • Bonjour,

    Je sais bien que le problème d’El Watan n’est pas prioritairement financier mais politique.
    La 4agg qui finance des projets en Algérie et en Palestine ne pourrait-elle pas, même à titre symbolique, verser une somme pour au moins faciliter le paiement des salaires.
    Jacques Pous.

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