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En Algérie, le quotidien Liberté cesse de paraître

dimanche 10 avril 2022, par 4acg

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APRÈS TRENTE ANS D’UNE AVENTURE INTELLECTUELLE, “LIBERTÉ” S’ÉTEINT

Merci et au revoir

Hassane OUALI
Publié 14 Avril 2022 à 12:00

https://www.liberte-algerie.com/actualite/merci-et-au-revoir-376467

En Algérie, le quotidien Liberté cesse de paraître. Après trente ans d’engagement au service d’une information indépendante et libre, et malgré une mobilisation importante de ses lecteurs et d’une large frange d’intellectuels algériens, cet organe de presse respecté va disparaître par la volonté d’un seul homme, son actionnaire majoritaire Issad Rebrab, première fortune d’Algérie et PDG du Groupe Cevital.

Les protestations et les pétitions venant de tous bords n’auront donc rien changé. Au grand désespoir des tenants d’une presse libre, dont Kamel Daoud qui s’interroge le jeudi 7 avril :« Ce qu’on risque tous avec la disparition de LIBERTE » :

"Que se passera-t-il si le “journal” Liberté venait à disparaître ? Des dizaines d’employés au chômage, une entreprise qui ferme ses portes, une ligne éditoriale républicaine qui disparaît, un capital qui se dissipe dans les airs mauvais du temps, une mémoire de luttes et d’expression qui tombera dans l’oubli. Mais aussi ? Encore ? C’est une voie et une voix de l’expression plurielle qui s’éteint dans un pays sur la pente de la non-pensée unique. Celle d’une Kabylie qui œuvre à la liberté d’un pays entier, de ses élites les plus généreuses qui ne versent ni dans le repli ni dans le suprématisme, celle d’intellectuels qui ont l’ambition d’une terre et pas d’un seul morceau à découper dans la chair de chacun d’entre nous.

Ce qu’on appelle « pouvoir » n’est que faiblesses internes…
Aujourd’hui, par la disparition de cette voix, c’est la voix des autonomistes qui va être encouragée comme expression unique. Il nous faut le dire franchement et sans masque car l’heure n’est plus aux formules de précaution. Ce qu’on appelle le “Pouvoir”, et qui n’est, aujourd’hui, que faiblesses internes, n’y gagne rien, les esprits qui aident et construisent non plus, ceux qui calculent un bénéfice d’immunité par ce sacrifice y perdent immédiatement et ceux qui y travaillent pour rendre audibles les voix les plus courageuses, les moins sinistres, les esprits qui veulent bâtir et non démanteler, tous ceux-là perdent une rampe, un espace, un lieu, un morceau de ce pays et de sa mémoire immédiate. 
Trente ans de “capital” vont partir en fumée dans un pays qui a encore, malheureusement, la tradition violente, brève et peu rassurante du butin et de la dépossession qui s’alternent.
Des décennies de richesses médiatiques et de compétence et de pluralité qui ne vont servir à rien, qu’à un soupir. Qui est alors coupable ? Beaucoup.

Un système politique qui criminalise abusivement la liberté en la confondant avec la menace interne, des élites dont une partie séduite par les activismes numériques et le “militantisme” de scène n’ont pas aidé à perpétuer un journalisme de profession, d’utilité, d’ouverture et de liberté justement. Des éditeurs qui, après la faste “Anep” des deux décennies Bouteflika, n’ont pas su, souvent, capitaliser, transmettre, former des successeurs et des générations, construire et développer l’avenir et l’ambition. De petits calculs de “pub”, du mépris pour leur caste, des égoïsmes et des ego, du “personnel”, et cette impuissance, partagée entre le “Régime” et ceux qui disent s’y opposer, à concevoir la transition et la succession. Bouteflika ? Ce n’est pas seulement un nom, un individu et son frère, c’est une façon de faire en Algérie, et beaucoup d’éditeurs n’ont pas fait mieux que d’empêcher la transition à leur tour, imaginer les successions et la filiation. Le mandat sans fin est presque partout chez nous. Dans la presse aussi . …/…

texte intégral : https://www.liberte-algerie.com/actualite/ce-qu-on-risque-tous-avec-la-disparition-de-liberte-376146

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