Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre

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Exposition : Le camp du Larzac

dimanche 20 mai 2018, par 4ACG

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Pourquoi ce thème d’exposition ?


La guerre d’Algérie est devenue un sujet de travail pour les historiens ; chaque jour, nous côtoyons des témoins, des acteurs et leurs descendants, des victimes de cette guerre qui n’a pas dit son nom. Des actes, des décisions politiques furent pris durant cette période. Leurs conséquences ont traversé quelques décennies et concernent encore notre actualité.

L’assemblée générale 2018 de la 4ACG se tenant à Nant, au pied du causse du Larzac, il était naturel de creuser le rôle du camp du Larzac de 1959 à 1962 en tant que Centre d’Assignation à Résidence Surveillée » (C.A.R.S.). Ce sujet est peu connu, car les autorités de l’époque ont recherché la discrétion sur ce type d’agissements et leurs lieux dédiés.

L’état d’urgence, état dit d’exception, est né en 1955, créé par un gouvernement qui ne souhaitait pas reconnaître qu’il engageait la guerre. Il donnait à la police et à l’armée des prérogatives faisant passer la justice au second plan, avec toutes les conséquences néfastes pour les libertés qui en découlent (assignations à résidence, perquisitions arbitraires, sur simple présomption policière, censures, etc.).

Depuis le 1er novembre 2017, cet état d’exception est devenu un état ordinaire, la majorité des ingrédients de l’état d’urgence ayant été glissés dans le code de la sécurité intérieure, du code pénal, du code de procédure pénale.

Cette guerre en Algérie n’a pas dit son nom : on l’appelait « maintien de l’ordre », « pacification » ; on n’y parlait pas d’exécution, mais de « corvée de bois ». Les lieux d’internement ne s’appelaient pas des camps, mais des « centres » (centres de détention administrative, villages, pour dire « camps de regroupements » en Algérie et centre de tri, centre d’assignation à résidence en France métropolitaine), même si, par souci de discrétion ces centres étaient en fait excentrés ! Une langue de bois qui cherche à faire dire aux mots ce qu’ils ne disent pas, brouillant ainsi la perception de la réalité.

Cette exposition souhaite donc mettre au jour les continuités existantes entre ces « centres d’assignation à résidence surveillés » (C.A.R.S.) au cours de la guerre d’Algérie en métropole et les « centres de rétention administrative » (C.R.A.) actuels : ils ont tous deux pour objet de priver arbitrairement de liberté certaines catégories de populations et, parallèlement, sur la même période d’une soixantaine d’années, l’évolution de la notion d’état d’urgence de 1955 jusqu’à nos jours

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