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France-Algérie, deux siècles d’histoire

samedi 2 avril 2022, par Michel Berthélémy

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Orient XXI. https://orientxxi.info/magazine/ce-que-la-colonisation-doit-detruire-pour-s-imposer,5454

Au moment où est commémoré le 60e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, il n’est pas inutile de se rappeler les conditions qui ont mené les Algériens à se révolter contre la colonisation et à déclencher en 1954 la guerre pour leur libération.

La revue en ligne Orient XXI revient sur cette histoire en expliquant le processus qui, partant de l’invasion française de 1830, s’est poursuivi jusqu’en 1962, semé de drames, de tragédies et de malheurs. Voici quelques extraits de ce texte, signé de l’historien Hosni Kitouni, et qui a pour titre « Ce que la colonisation doit détruire pour s’imposer ».

La France a pour mission de présider à la formation d’une nouvelle nation civilisée, chrétienne, en regard de ses rivages […]. Quant aux moyens qui doivent conduire à ce résultat, ils se résument en deux principaux, malgré leur infinie diversité : et ces deux moyens sont la guerre et la colonisation  : ces lignes d’Eugène Buret tirées de son exposé De la double conquête de l’Algérie par la guerre et la colonisation (1842, réed. Collection XIX, 2016) résument le projet colonial engagé par la France en Algérie dès 1830. Si le sieur Buret décrit fort bien ce que la colonisation doit construire, il s’abstient néanmoins d’évoquer ce qu’elle doit détruire pour parvenir à son but. Cet angle mort de sa pensée marque largement l’historiographie de la colonisation.

Ce que décrit Eugène Buret est en réalité une colonisation de peuplement, caractérisée par l’arrivée en masse de colons exogènes, et le transfert des terres des mains des populations autochtones aux immigrants.

L’arrivée des colons et la spoliation des terres sont des phénomènes interdépendants. Par le séquestre, le cantonnement, les lois foncières, l’administration coloniale réussit entre 1830 et 1930 à s’emparer de plus de 14 millions d’hectares, soit 66 % des terres utiles de l’Algérie. Un million six cent mille hectares sont concédés aux migrants européens, généralement à titre gracieux. Ils forment les 975 centres de colonisation créés ou agrandis entre 1840 et 1937. Ce processus de spoliation violente s’accompagne de l’accroissement du peuplement colonial, dont le nombre passe de 7 000 en 1836 à 881 000 en 1931.

L’histoire de cette dépossession a fait l’objet de plusieurs études, mais ce qui est moins connu, c’est ce qui a été détruit et ce que sont devenues les victimes de cette destruction. C’est précisément sur ce sujet que s’est penché Hosni Kitouni dans ce texte très documenté dont l’intégralité est accessible par ce lien :

https://orientxxi.info/magazine/ce-que-la-colonisation-doit-detruire-pour-s-imposer,5454

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