Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre

Accueil > Interventions dans les écoles > Intervention de la 4ACG Auvergne du 24 mai 2022, au Lycée St-Alyre de (...)

Intervention de la 4ACG Auvergne du 24 mai 2022, au Lycée St-Alyre de Clermont-Ferrand

mercredi 1er juin 2022, par Philippe Chevrette

Version imprimable de cet article Version imprimable


Le directeur adjoint Eric Gardy et l’ensemble des professionnels du lycée nous ont offert un agréable accueil.

Cette journée mémorielle est consacrée à la guerre d’Algérie et ses mémoires organisée par M. Malek RABIA, professeur d’histoire à l’institution St-Alyre.

Le Soixantième anniversaire de la fin du conflit et des accords d’Évian sont toujours aussi présents dans le débat public et la production littéraire.

Cette démarche, avant tout pédagogique, est inscrite dans les programmes des classes de terminale d’histoire :

En enseignement de spécialité HGGSP (Histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques), thème 3 Histoire et mémoires : La guerre d’Algérie et ses mémoires

-  La IVᵉ République entre décolonisation, guerre froide et construction européenne 

-  La crise algérienne de la République française et la naissance d’un nouveau régime

Point de passage et d’ouverture / La guerre d’Algérie et ses mémoires

Rencontre avec des témoins acteurs de la guerre d’Algérie destinée aux élèves de spécialités HGGSP de terminale et HLP :

De 8 h 30 à 11 h 00, les élèves des spécialités HGGSP et HLP (Humanités, littérature et philosophie) sont invités à rencontrer 4 acteurs/ témoins de ce conflit. Ils pourront confronter l’histoire et les mémoires multiples de cette guerre.

Pour la 4ACG Auvergne intervention de Jacques Folliguet, ancien appelé

Pour la 4ACG Auvergne Philippe Chevrette : enregistrement audio et vidéo de la journée dans le cadre de la collecte des archives de la 4ACG

Pour Coup de Soleil, intervention de Michel Wilson, témoin et pied noir d’Algérie, intervention d’Alexandra Dalila Amri fille de harki, supplétif actif, intervention de Mustapha Hidra, petit fils de soldat de l’ALN

Après l’intervention des 4 témoins, ceux-ci se sont répartis auprès de quatre groupes d’élèves et ont répondu à leurs questions.

De 11 h 00 à 12 h 00, les élèves des spécialités HGGSP et HLP sont invités à écouter Mme Catherine Milkovitch-Rioux, professeure en littérature contemporaine de langue française à l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, (chercheuse en littérature contemporaine de langue française, elle est responsable du programme « Écritures de guerre » du Centre de Recherches sur les Littératures). Son intervention se situe autour du roman de Laurent Mauvignier, Des hommes et sur le film éponyme de Lucas Belvaux.

Cette professeure parle d’une mémoire pétrifiée. La non-transmission, loin de protéger les enfants et le silence, ont tendance à accroître l’impact de la charge émotionnelle, agissant comme une véritable caisse de résonances. Moins il y a de transmission, plus les enfants sont porteurs d’une mémoire traumatique. Laurent Mauvignier a publié quelque chose qui reconstruirait le parcours imaginaire de son père. Ce dernier n’avait rien raconté de sa guerre d’Algérie.

Pause déjeuner avec un succulent repas offert par le lycée.

Conférence à deux voix destinées aux élèves des classes de terminale :

À 14 h 00,

Conférence de Paul Max Morin, docteur en sciences politique et enseignant à Sciences Po : « Les jeunes et la guerre d’Algérie ».

Son intervention a pour ambition d’apporter un éclairage scientifique et une réflexion sur les complexités de ce conflit, marqueur important de notre histoire. Il souligne la déconstruction du racisme colonial. La place de la colonisation et le développement capitaliste qui permettra la révolution industrielle en Europe. Il rappelle les lois de la République de 1848 pour tous mais avec des statuts et des droits différents, selon que l’on soit français d’origine musulmane ou française. Cette réalité développera un mouvement indépendantiste en réponse aux inégalités de traitements des personnes.

Conférence de Sébastien Ledoux, chercheur en histoire contemporaine au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains à la Sorbonne et enseignant à Sciences Po Paris, spécialiste de l’histoire des mémoires : « Les acteurs des mémoires de la guerre d’Algérie ».

Il souligne les trois temps de l’histoire des mémoires depuis 60 ans.

- Le temps du silence et de l’oubli jusqu’aux années 80, le temps du refoulement

- L’émergence de cette mémoire qui fait apparaître le thème de l’Algérie dans les débats publics.

- Un chef de l’État qui aurait envie de calmer ces guerres de mémoire pour la réconciliation.

Pour autant, il n’y a jamais eu d’oubli de la guerre d’Algérie. En effet, il y a eu des prises de paroles dès les années 60 avec les associations et les artistes. Il s’agit donc de nuancer ce terme d’oubli de la guerre d’Algérie. Concernant la nostalgie de l’Algérie, il fait référence au livre de Jules Roy : « Les chevaux du soleil ».

En fin de journée, Philippe Chevrette, 4ACG Auvergne, questionne et enregistre un échange avec trois jeunes lycéennes (Clara, Naomie, Alixe).

Pour elles, ce type de journée a un intérêt profond, car les intervenants apportent un message de paix sans l’oubli de la mémoire. Intérêt du détail singulier des intervenants qui font l’histoire avec le croisement des différentes mémoires. Elles ont ressenti les émotions des uns et des autres qui donnent sens à l’histoire et à l’intérêt de celle-ci. Enfin, toutes les trois font échos à ce qui fait lien entre la guerre d’Algérie et la guerre actuelle en Ukraine.

« Cette jeunesse, contrairement aux lieux communs, entendus dans la société, prouve une fois encore qu’elle est clairvoyante et porte une réflexion éclairée au monde qui l’entoure »

Philippe Chevrette