Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre

Accueil > Témoignages et documents > L’Empire des hygiénistes : quand la colonisation tourne au cauchemar… pour (...)

L’Empire des hygiénistes : quand la colonisation tourne au cauchemar… pour les colonisateurs !

mardi 29 septembre 2015, par Michel Berthelemy

Version imprimable de cet article Version imprimable

Spécialiste de la colonisation, notamment algérienne, Olivier Le Cour Grandmaison signe un ouvrage passionnant sur une face méconnue des réalités coloniales, à l’origine de désastres humains considérables.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, la majorité des responsables politiques souhaitent transformer les colonies françaises en territoires sûrs et prospères vers lesquels convergeront hommes et capitaux.
L’avenir semble radieux, celui de la République impériale aussi ; les réalités le sont moins. Soldats, fonctionnaires et colons meurent en masse au cours de désastres qui n’étonnent guère les médecins.
Ces derniers savent l’insalubrité du climat, la corruption des sols et des eaux, la virulence des maladies tropicales qu’aggravent la précipitation des gouvernements et le conservatisme de la hiérarchie militaire.
Guérir ? Eu égard aux moyens de l’époque, la réalisation de cet objectif est très incertaine. Il faut donc prévenir de toute urgence pour assurer la sécurité sanitaire des Français expatriés et les « faire vivre » aux colonies.

Hygiène « exotique » et travaux forcés

Des praticiens nombreux et célèbres se mobilisent pour relever ces défis grâce au développement d’une hygiène exotique conçue comme une science pratique et totale. Leurs prescriptions s’étendent à tous les registres de la vie : sexualité interraciale et conjugale, organisation d’une journée type adaptée aux variations de température, alimentation et boisson, vêtements et couvre-chefs, villes et maisons coloniales, division raciale du travail entre Blancs et « indigènes ».
De même, sont ainsi justifiés le travail forcé imposé aux autochtones et le maintien de l’esclavage domestique dans l’Afrique française, malgré les protestations de Victor Schoelcher au Sénat en 1880.

S’appuyant sur des sources nombreuses et parfois négligées – traités, manuels, romans…-, Olivier Le Cour Grandmaison reconstruit cette histoire complexe avec finesse en analysant les enjeux multiples liés à ces questions.

L’auteur présentera son livre le 2 octobre à 19h, à la Librairie La Brèche, 27 rue Taine Paris 12e
M° Daumesnil ou Dugommier

 
Olivier Le Cour Grandmaison enseigne les sciences politiques et la philosophie politique à l’université d’Évry-Val-d’Essonne. Il a notamment publié : 17 octobre 1961 : un crime d’État à Paris (collectif, La Dispute, 2001), Haine(s). Philosophie et politique, avant-propos d’Etienne Balibar, (PUF, 2002), Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’État colonial (Fayard, 2005), La République impériale. Politique et racisme d’État (Fayard, 2009), De l’indigénat. Anatomie d’un « monstre » juridique : du droit colonial en Algérie et dans l’empire français (Zones/La Découverte, 2010).
 
L’Empire des hygiénistes, vivre aux colonies - Fayard - 2014
Service de presse
Marion Corcin - 01 45 49 82 31 - mcorcin editions-fayard.fr

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.