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La mort programmée d’El Watan

jeudi 4 août 2022, par Michel Berthélémy

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Après la disparition de Liberté en avril dernier, un autre quotidien est menacé en Algérie : El Watan. La reprise en mains s’accélère. Les libertés, parmi lesquelles celle de la presse est primordiale, sont dans le viseur des autorités.

Après avoir connu l’euphorie lors de l’ouverture du paysage médiatique au secteur privé à la fin des années 1980, l’Algérie a vu disparaître ces vingt dernières années des titres comme Le Matin, La Tribune ou l’hebdomadaire la Nation, notamment par manque de revenus publicitaires ou en raison d’une chute de leurs ventes. Ces journaux s’étaient illustrés par leur liberté de ton et leur critique du pouvoir.
L’Algérie figure à la 134e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2022 établi par Reporter sans frontières (RSF).

La très probable fin du quotidien francophone El Watan
RFI, 29 juillet 2022, Guillaume Thibault

Le journal francophone El Watan est à l’arrêt. Depuis le vendredi 29 juillet, les 130 salariés, qui n’ont touché aucun salaire depuis cinq mois, sont en grève illimitée. En mars dernier, en raison de charges sociales impayées, l’Etat a fait bloquer les comptes du quotidien qui se retrouve donc dans l’impossibilité de décaisser des fonds et de payer les salaires.

Les journalistes mais également tous les autres corps de métier ont tenté de résister jusqu’au bout. Deux jours de grève par semaine, puis trois, puis quatre, face à l’incapacité de la direction de verser les salaires, la grève illimitée a donc été actée. Salima Tlemçani, journaliste et responsable du syndicat des travailleurs : « Ça impacte terriblement notre moral mais après, quand vous avez un employeur qui ne bouge pas, vous vous attendez au pire, vous vous dites que l’entreprise va fermer. Comme il n’y a rien eu, on est passé à la grève illimitée, jusqu’à ce qu’il y ait une solution. »

El Watan doit 370 000 euros au fisc. Comptes bloqués, impossible de céder des biens. Dix-huit actionnaires sont aujourd’hui à la tête du journal. Notamment Mohamed Tahar Messaoudi, également directeur de publication et qui demande aux employés d’être patients. Furieux contre l’Etat, il estime que le blocage des comptes est une injustice : « Je suis hyper inquiet, j’ai mal pour notre presse. El Watan est apparemment en train de payer son indépendance, sa ligne éditoriale. Parce que nous sommes vraiment face à une situation d’injustice. »
Dernier espoir pour les salariés : en Algérie, une loi permet le déblocage des salaires lorsqu’une entreprise est en difficulté financière. Une décision de justice doit être rendue dans les prochains jours.

Après trente et un ans d’existence, le journal est donc en danger. Comme une nouvelle étape après l’arrêt du journal Liberté en avril, après des arrestations et des condamnations de journalistes.
Directeur du laboratoire médias à l’école de journalisme d’Alger, Belkacem Mostefaoui, estime que c’est tout le secteur de la presse qui est en train de s’éteindre, que l’Etat va jusqu’à prendre le contrôle de la formation des journalistes. Pour lui, la fermeture d’El Watan n’est pas imaginable.

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220729-alg%C3%A9rie-les-salari%C3%A9s-du-journal-el-watan-en-difficult%C3%A9-financi%C3%A8re-entrent-en-gr%C3%A8ve-illimit%C3%A9e

une réaction du Parti des Travailleurs

https://www.inter-lignes.com/parti-des-travailleurs-laffaire-el-watan-est-une-question-nationale/

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