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Le Hirak vu par deux écrivains et un sociologue algériens

vendredi 6 mars 2020, par Michel Berthelemy

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Plusieurs ouvrages ont été publiés récemment sur le Hirak, notamment les trois que nous vous présentons aujourd’hui publiés par les éditions Chihab, dirigées par Azeddine Guerfi.

« Marcher » est l’un des tout premiers titres parus. Sous la direction d’Amin Khan, ce livre relate les premiers pas du Hirak et se nourrit des réflexions de plusieurs acteurs du mouvement jusqu’à la chute de Bouteflika. Pour l’un des auteurs du collectif, Mohamed Magani, « le « Hirak a aussi été une libération des émotions. J’ai vu des hommes âgés pleurer, un sens de l’humour incroyable, une autogestion du mouvement, une conscience écologique… il fallait que je restitue le maximum de choses (…) Surtout que certaines dimensions du Hirak se sont aujourd’hui estompées ».

Dans le second livre, « La révolution du 22 février, de la contestation à la chute de Bouteflika », le journaliste et écrivain Mehdi Boukhalfa est très factuel. Il rapporte les faits selon leur chronologie : déclarations, lieux, faits marquants. Il explique : « J’ai tenu à ce que le livre se concentre sur les événements et non sur des analyses, je suis parti de l’idée qu’il y avait un fait extraordinaire qui se déroulait devant nous. Nous autres journalistes, nous étions témoins d’un véritable mouvement sociologique. Il fallait rapidement publier et je me suis donné trois mois de délai. Et le soir de la démission d’Abdelaziz Bouteflika, le livre était quasiment prêt ».

Quant au troisième ouvrage, « Les sources du Hirak » de Rachid Sidi Boumedine, il est l’œuvre d’un sociologue qui porte un regard plus distancié sur les événements et décèle ce qui pourrait apparaître comme une source de changements profonds pour la société algérienne. Pour lui, « le hirak a fait comprendre à tous que nous étions un seul peuple, c’est en cela qu’il a été plus efficace que tous les sociologues des vingt dernières années ». Il est important, dit-il, « de décrypter les mécanismes qui lui ont permis d’exister : la rente, l’instrumentalisation de la loi et la domestication des servants ». Il conclut en mettant en exergue le fait qu’« aujourd’hui, il n’y a plus de rente à se partager. Le système devra se décanter, faire des choix. Mais il devra les faire en prenant en compte le Hirak et la perte de ses ressources »

L’éditeur de ces publications a été interrogé par le quotidien algérien « Reporters ». Vous trouverez en lien (https://www.reporters.dz/azeddine-guerfi-directeur-des-editions-chihab-ecrire-le-hirak-cest-ecrire-lhistoire-de-lalgerie/) le texte intégral de l’entretien qui a été réalisé le 23 février 2020.

Chihab Editions

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