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Lundi 22 juillet, l’armée israélienne a commencé la démolition d’une dizaine d’immeubles en Territoires palestiniens. Israël serait-il intouchable ?

jeudi 25 juillet 2019, par Michel Berthelemy

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Déclaré « Zone militaire pour les prochains jours », le quartier palestinien de Sur Baher est situé à moins de 5 kilomètres des remparts de la Vieille Ville de Jérusalem. Avec l’appui de 700 hommes en uniforme et de 200 soldats, Israël, malgré les (faibles) protestations internationales, applique sa loi à coups de bulldozers

De l’autre côté de la colline auquel nul n’a accès, les pelleteuses sont à l’œuvre, après l’expulsion à l’aube des résidents palestiniens et de dizaines d’activistes. Pour la plupart inachevés, les bâtiments où vivaient 17 personnes laissent des dizaines de familles endettées à vie. C’est la fin d’un feuilleton judiciaire de presque sept ans, et l’instauration d’un dangereux précédent, comme le déplorent les officiels palestiniens ainsi que la plupart des chancelleries européennes qui s’étaient mobilisées en vain.

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L’ONU, qui dit suivre ce développement « avec tristesse » (!), appelle à « la fin de cette politique ». Tout comme l’Union européenne, qui demande « l’arrêt immédiat des démolitions ». Si la destruction de propriétés palestiniennes n’est pas un fait rare ou nouveau, le cas de Sur Baher est unique par sa position géographique et son statut administratif.
Selon le découpage des accords d’Oslo, ce village arabe de la municipalité de Jérusalem se situe dans les Territoires palestiniens, et en majeure partie sous la juridiction de l’Autorité basée à Ramallah. C’est-à-dire en zones A et B, la C étant sous contrôle militaire israélien. Mais Sur Baher a la particularité de se trouver également du « côté israélien » de la barrière de séparation, érigée à partir de 2002 par l’Etat hébreu le long de la Cisjordanie occupée. Enfin, le quartier déborde des limites municipales de Jérusalem. Ses habitants possèdent soit une carte de résident de Jérusalem, soit le statut de réfugiés.

Pour Israël, il ne s’agit là que d’une zone tampon avec sa « capitale unifiée ». Pour les Palestiniens, c’est une partie intégrante de leur futur État et capitale. Un mille-feuille topographique aux contours juridiques flous, qu’Israël vient de redessiner à son avantage avec ses tractopelles.
Sur Baher se trouve dans ce que les experts appellent en hébreu une « zone de couture », référence à une volonté présupposée de retracer les futures frontières d’Israël en faisant du sur-mesure. Soit un morceau de Territoire palestinien coincé de l’autre côté du mur de huit mètres construit par les Israéliens durant la Seconde intifada, qui, sous couvert d’impératifs sécuritaires, ne suit pas le tracé de la ligne verte de 1967. Une forme d’annexion tacite selon les Palestiniens, qui concerne environ 8,5% des Territoires occupées, d’autant plus que la plupart de ces zones grises sont recouvertes par de vastes colonies de la banlieue de Jérusalem, Sur Baher étant une exception.

Un « précédent »

Les quelque 70 appartements condamnés avaient reçu des permis de construire de l’Autorité palestinienne. Mais pas l’aval d’Israël, qui, en principe, n’a pas de juridiction, mais s’appuie sur une loi sécuritaire promulguée en 2012 interdisant toutes constructions à moins de 300 mètres du mur. Après des années de tergiversations, la Cour suprême israélienne a validé en juin la primauté des inquiétudes de Tsahal sur les principes des accords d’Oslo, autorisant finalement ces démolitions.
Pour le ministre israélien de la Sécurité publique, Gilad Erdan, ces habitations ne sont que des « constructions illégales constituant une grave menace, car elles peuvent servir de planque pour des attentats suicides ou d’autres [activités] terroristes ». Selon ce dernier, les habitants, malgré leurs autorisations de l’Autorité palestinienne, « savaient que la construction dans cette zone était interdite et ont cherché à se faire justice ».

Le Premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, n’y voit que le prétexte à une « grave agression [et] la continuation du déplacement forcé des habitants de Jérusalem de leurs maisons et de leurs terres : un crime de guerre et un crime contre l’humanité ». Pour de nombreuses ONG, ces démolitions s’inscrivent dans un effort de juguler la démographie palestinienne à Jérusalem-Est.
Onze autres ordonnances de démolition à Sur Baher sont actuellement dans les mains des juges israéliens, visant une centaine d’appartements supplémentaires. Mais pour l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), à l’heure où la droite israélienne parle ouvertement d’annexer la Cisjordanie, Sur Baher ne pourrait être qu’un début, fort de ce « précédent qui autorise les forces occupantes israéliennes à démolir tout immeuble palestinien à proximité du Mur d’Annexion (sic), et des deux côtés de celui-ci ».

Guillaume Gendron envoyé spécial de Libération à Jérusalem
https://www.liberation.fr/planete/2019/07/22/a-jerusalem-des-coups-de-pelleteuses-antipalestiniens-le-long-du-mur-de-separation_1741431?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot


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Dangereux précédent : Israël démolit des habitations palestiniennes en périphérie de Jérusalem-Est

Les Palestiniens de Wadi Hummus possédaient tous les permis nécessaires pour construire leur maison dans les zones relevant de la juridiction de l’Autorité palestinienne. Aujourd’hui, l’armée israélienne envoie les bulldozers

https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/dangereux-precedent-israel-demolit-des-habitations-palestiniennes-en-peripherie-de

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