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Meeting de solidarité internationale pour la libération des détenus d’opinion et politiques du Hirak, contre la répression, pour la défense des liberté et des droits humains.

vendredi 4 mars 2022, par Christian Travers

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par Christian Travers

C’est sous ce titre un peu long mais explicite que s’est tenu samedi 26 février, à Paris, à la Bourse du Travail, un meeting à l’occasion du troisième anniversaire du début des manifestations du Hirak

Beau meeting : il a réuni entre 200 et 300 personnes, dont plusieurs membres de la 4acg, qui ont pu entendre une bonne trentaine de militants qui représentaient des partis politiques, des syndicats et des associations, et qui ont tous souhaité manifester leur soutien et leur solidarité avec le peuple algérien.
Près de quatre heures d’interventions, forcément répétitives, par lesquelles, de manière unanime, le mouvement pacifique algérien a été salué avec admiration et le régime autoritaire algérien condamné.
Ce compte-rendu sera donc particulièrement lacunaire et, pour éviter d’être fastidieux et trop long, je n’ai retenu que les intervenants les plus marquants. Quant aux phrases ou aux contenus, je les ai triés avec une inévitable subjectivité.
Les organisateurs, par la voix de Yasmine, qui a elle-même connu la prison, ont d’abord rappelé l’unité et la force des manifestations qui ont permis, en novembre 2019, d’obtenir la démission du président Bouteflika. S’en est suivi l’élection d’un nouveau président qui a obtenu 80 % des suffrages… d’une minorité d’électeurs. D’autres élections ont suivi, qui ont connu le même boycottage du peuple et le Hirak, qui s’était poursuivi, a ensuite été entravé par la pandémie et par la multiplication des arrestations. Le régime a ensuite promulgué des lois et des articles (84bis, 87bis13 du 30 mai 2021) qui criminalisent le Hirak et tous ceux qui le soutiennent.

Partis politiques, syndicats, associations se sont succédé à la tribune

Après cette introduction, et bien que de nombreux leaders politiques aient été retenus, Place de la République, à quelques centaines de mètres, par une manifestation où était dénoncée l’invasion de l’Ukraine, de nombreux orateurs se sont présentés à la tribune.
Eric Coquerel, député (La France Insoumise) : le Hirak est une révolution citoyenne, déclenchée au nom du peuple, auto-organisée, comme on les aime. Tous les prisonniers d’opinion doivent être libérés sans délai et toutes les lois liberticides abrogées.
Pierre Laurent, député communiste : le Hirak est un mouvement qui a impressionné le monde. Il est pacifique. Il exige plus de liberté face à un pouvoir corrompu, aux mains d’une oligarchie. C’est un changement complet du système qui est nécessaire. Les interpellations se sont multipliées afin d’empêcher les manifestations et on est allé jusqu’à traiter ceux qui défilaient de terroristes. Après la mascarade d’élections sans votants, le pouvoir tente d’éradiquer le mouvement par tous les moyens.
Julien, représentant le MPA (Mouvement Populaire Algérien)  qui remplace désormais l’UDR (Union pour la Démocratie et la République) : ce parti qui se déclare anticapitaliste est totalement solidaire du mouvement et il se bat contre la répression qui s’abat sur le peuple algérien. Mais le Hirak vaincra et il reste une lueur d’espoir et d’inspiration.
Julien Bayou, Secrétaire Général d’Europe-Ecologie-les Verts et qui représente Yannick Jadot qui manifeste Place de la République : il exprime la sympathie de son parti pour le Hirak et le maintien de son soutien jusqu’à ce que le peuple algérien bénéficie d’une démocratie libre et indépendante.
Laurence Rossignol, sénatrice socialiste  : elle a fait partie des deux sénateurs qui ont interpellé le gouvernement pour protester contre les arrestations arbitraires en Algérie. La réponse du ministère des affaires étrangères a été en substance celle-ci : « Mêlez-vous de ce qui vous regarde, pas d’ingérence dans les affaires algériennes ». Un processus démocratique est en cours. Elle intervient aussi pour dire que beaucoup de femmes ont défilé. La révolution souhaitée est aussi une revendication des femmes. Elles doivent accéder a plus d’égalité et le code de la famille doit être abrogé.
Patrice, (Pour une Ecologie Populaire)  : le Hirak est un combat populaire qui lie tous les peuples du monde.
LDH France : il y aurait actuellement 340 victimes incarcérées pour délit d’opinion. Il faut cesser ces arrestations et condamnations arbitraires. Il faut mettre sous pression les généraux coupables de crimes de guerre et créer un pôle juridique franco-algérien. Il faut condamner les entreprises françaises qui opèrent encore aujourd’hui en Algérie. La Tunisie et le Maroc ont des régimes qui ne valent pas beaucoup mieux. Il faut engendrer un Maghreb libre.
Jean-François Pélissier (Ensemble, Mouvement pour une Alternative de Gauche et Solidaire)  : la solidarité avec le Hirak est indispensable. Il faut parler et reparler du Hirak en Algérie et des espoirs qu’il suscite. Cette voix qui porte ne peut être étouffée.
Kamel (PST, Parti Socialiste des Travailleurs, parti algérien aujourd’hui suspendu)  : la répression est féroce. Elle se porte en particulier vers les nouvelles générations qui relèvent la tête. Le pouvoir affiche sa volonté d’en finir et de faire taire le peuple. Tous les courants qui protestent doivent s’unir pour libérer les détenus. Le régime réagit brutalement car il a peur mais il faut que le peuple algérien s’organise et prenne des initiatives politiques unitaires. La solidarité et le soutien des peuples du monde sont essentiels.
Zakaria Hannach  : ce militant, ce lanceur d’alerte important devait participer à ce meeting. Il a été arrêté avant celui-ci.
Abdelouhad Fersaoui, président du RAJ (Rassemblement Action Jeunesse, association aujourd’hui dissoute par les autorités) : plusieurs fois incarcéré, il intervient en vidéo. L’objectif est bien de changer totalement le système de gouvernance. La cible des interpellations ne cesse de s’élargir : aux militants, aux leaders des partis et des syndicats. Cette approche sécuritaire ne peut conduire qu’à l’échec. Tous les Algériens et Algériennes de l’étranger sont concernés par ce combat. Si des divergences existent, ce n’est pas un problème, c’est une des clés de la démocratie.
CEDESIM  : de nombreux pays n’ont pu accéder à la démocratie que par des manifestations. Les Algériens ne doivent pas désespérer. Sachons qu’avec la guerre en Ukraine, la période est dangereuse. Elle détourne l’attention et les dictatures vont en profiter. La diaspora pour soutenir les combats de l’intérieur doit être unie.
Madame Lexica, LDH : toutes proportions gardées, on voit des points communs entre la France et l’Algérie en matière de privation des libertés. On le voit concernant le droit d’asile des migrants et la répression qui s’est exercée envers des manifestants défendant de multiples causes. Nous menons des luttes universelles
Madame Tiboli (UJFP, Union Juive Française pour la Paix) : son association manifeste un soutien absolu à ces résistants d’aujourd’hui qui seront demain des héros de la liberté. Les oublier serait les trahir. Au Maroc aussi des enlèvements et des incarcérations arbitraires sont monnaie courante.
Delphine Batho, députée Génération Ecologie, et Cédric Villani, EDS (Ecologie, Démocratie, Solidarité  : empêchés d’assister au meeting, ils ont fait une déclaration commune qui a été lue et dont j’ai retenu ceci : la lutte pour la liberté et la démocratie est universelle. Le Hirak est un mouvement admirable et il inspire de nombreux militants. C’est le souffle de la vie.
LDH Algérie : déclaration en arabe que l’on peut résumer ainsi : « Au Maroc, en Algérie et en Tunisie, trois peuples qui méritent le même soutien et la même solidarité ».

Courte pause avec chants accompagnés de guitare par Samia Diar, chanteuse engagée qui a dû quitter l’Algérie pour des raisons politiques.

Dominique Sopo, président de SOS-Racisme : le Hirak a surgi afin d’éviter un cinquième mandat d’un président impotent. SOS-Racisme souhaite le dégagement de ce régime autoritaire et la fin des répressions arbitraires par lesquelles il montre son incapacité à se réformer. Les manipulations de l’opinion et les plans successifs pour perdurer n’ont pas fait illusion. L’accusation récurrente des interventions extérieures et la stigmatisation de la « main de l’étranger » sont des fables éculées.
Interventions rapides et unanimes de nombreux syndicats français et étrangers : ils dénoncent le régime algérien, la répression de plus en plus forte, les incarcérations arbitraires ; ils annoncent que la solidarité internationale est en marche et qu’un comité franco-algérien qui regroupe déjà 21 associations est en création.
Pierre Audin, le fils de Josette et de Maurice Audin, qui fut assassiné à Alger : après 130 ans de colonisation, 8 ans de guerre, les années noires et sa guerre civile, le pouvoir algérien devrait savoir tirer des leçons. Sans ingérences dans les affaires algériennes, la solidarité doit s’exprimer partout et sans relâche.
Nils Andersson, éditeur militant  : c’est le peuple qui a libéré l’Algérie. C’est encore lui qui contraindra ce régime autoritaire à se démette. Qui croyait après les attentats de 1954 que l’Algérie deviendrait enfin indépendante ? Il faut avoir confiance dans le Hirak.
Ont suivi plusieurs interventions de délégations provenant de pays devenus indépendants mais, avant celles-ci, grâce à l’intervention de Hakim Addad, j’ai pu, dans une certaine confusion, délivrer le message de la 4acg.

Christian Travers – 4acg

Voici le message (en deux parties) lu :par Christian Travers au nom de la 45acg

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