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La Question, d’Henri Alleg, au Festival d’Avignon

dimanche 16 juillet 2023, par Michel Berthelemy

Dramaturge et ancien réalisateur à Radio-France, Alexandre Plank confie son micro, durant tout le Festival d’Avignon, à des jeunes en réinsertion qui vont à la rencontre d’artistes, de techniciens et de personnalités du théâtre, pour les interroger sur leur pratique, et leur permettre de découvrir un autre horizon que celui de leurs quartiers dits populaires.

L’un de ces jeunes rencontrera-t-il Henri Alleg à travers « La Question », interprétée par Stanislas Nordey ?

Le comédien joue et dit ce texte publié en 1958, dans lequel le journaliste membre du parti communiste algérien, décédé il y a dix ans, raconte la torture qu’il a subie entre les mains de l’armée française à Alger en juin 1957, ainsi que des milliers d’autres personnes enlevées dans le cadre de ce qui a été appelé improprement la « bataille d’Alger ».
Alleg décrit ce qu’il a vu, les tortures qu’il a subi (il ne nous épargne aucun détail), ceux qu’il a rencontré. Les bourreaux et leurs blagues atroces , les victimes réduits à de la viande. Implacable. C’est le témoignage personnel d’un rescapé, c’est un témoignage qui vaut pour tous les torturés de l’armée française en Algérie et ailleurs, qu’ils aient survécu ou qu’ils aient été liquidés.

Un texte aux résonances fortement actuelles

Écrit dans l’urgence et dans le plus grand secret par Henri Alleg alors enfermé à la prison de Barberousse à Alger, La Question évoque avec une précision implacable les tortures subies trois mois plus tôt par ce militant communiste. Ce texte glaçant, interdit dès sa publication par les autorités françaises, emmène le spectateur au point culminant de l’inaudible et de l’intolérable. Pour Laurent Meininger, qui signe cette mise en scène, ce témoignage du courage et de la dignité d’un homme fidèle à ses convictions demeure d’une actualité brûlante dans un monde où, face à la tentation de l’autoritarisme avec les dérives que cela suppose, les valeurs de la démocratie doivent plus que jamais être réaffirmées.

A la fin, Nordey se tourne vers un écran blanc au-dessus de lui, et, par le bras, désigne les mots qui viennent d’y défiler : les intitulés des lois et décrets qui ont amnistiés les Charbonnier, les Erulin, tous les tortionnaires de la guerre d’Algérie.

La Question, mise en scène par Laurent Meininger, avec Stanislas Nordey, du 7 au 26 juillet au Théâtre des Halles à Avignon .

Source : https://histoirecoloniale.net/Au-Festival-d-Avignon-La-Question-d-Henri-Alleg-mise-en-scene-au-theatre.html?fbclid=IwAR2Dfb8kPSJhcgtz6v6QCqwdjdLu57wTaXZpvv9sTGVHszGUqyIFQs7Yf0Q

Messages

  • Bonjour,Je me suis trouvè confronté à
    "La Question" en 1961
    AU Off 2019 j’ai joué 22 fois au théâtre Roquille

    "Séparé du reste du monde" qui évoque la torture en Algérie.
    Je vais venir vous voir. Amicalement
    Claude Picard
    0682795866
    cl.picard orange.fr

  • Pied noir arrivé en France en juillet 1962, je n’avais jamais entendu parler d’Henri HALLEG. C’est une amie quelques années plus tard qui m’emmène à Paris voir le film. Je me renseigne sur, qui est H.HALLEG. Des années plus tard, à Perpignan, alors qu’il est interdit d’entrée, par un groupe de pieds noirs, à la mairie de Perpignan où il était convié pour une conférence, j’ai l’immense honneur de le recevoir dans le centre de vacances que je dirige. Conférence puis hébergement. Un souvenir inoubliable.

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