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Massacres du 8 mai 1945 : l’Algérie commémore les “crimes impunis”
jeudi 15 mai 2025, par ,
Il y a quatre-vingts ans, l’armée française réprimait dans le sang des manifestations indépendantistes à Sétif, Guelma et Kherrata. Un des “massacres systémiques” commis par la France coloniale et pour lesquels les Algériens demandent des excuses, raconte le quotidien “El-Watan”. Cet anniversaire intervient en pleine brouille diplomatique entre Paris et Alger.
Courrier international – 9 mai 2025 -
Source : El Watan

Le dessin illustrant la couverture de l’édition du 8 mai du quotidien algérien El-Watan percute. Cette image du dessinateur de presse algérien Le Hic montre une rangée de crânes alignés sur une pelouse, avec un croissant de lune et une étoile dessinés en couleur sang, pour représenter le drapeau algérien. Avec ce titre : “Ces crimes impunis”. C’est ainsi que le journal algérien de référence qualifie les massacres commis par les forces coloniales françaises en Algérie il y a quatre-vingts ans, le 8 mai 1945.
Ce jour-là, alors que la France fêtait la capitulation de l’Allemagne nazie, les Algériens envahissaient les rues, drapeau algérien à la main, pour réclamer l’indépendance de leur pays. Les forces coloniales réprimaient brutalement ces manifestations, notamment dans la ville de Sétif, mais aussi à Guelma ou à Kherrata, dans l’est du pays. “La répression a frappé surtout le Nord constantinois révolté, qui a payé le plus lourd tribut”, explique l’historien Redouane Ainad Tabet, cité par El-Watan dans un article. Au total, les Français chiffrent le bilan des victimes à 20 000 au maximum ; les Algériens à 45 000.
Entre Paris et Alger, “la situation est bloquée”
Le “drame historique majeur” des massacres du 8 mai 1945 “reste une date clé dans la mémoire collective algérienne”, écrit le quotidien dans son éditorial. “Les armées coloniales inhumaines n’ont rien fait d’autre qu’une succession de massacres systémiques.” Ces événements ont néanmoins été un terreau pour l’insurrection du Front de libération nationale (FLN) algérien en 1954, qui a abouti à l’indépendance, en 1962.
L’anniversaire des 80 ans des massacres du 8 mai 1945, pour lesquels l’Algérie a instauré en 2020 une Journée de la mémoire, intervient alors que la crise diplomatique entre la France et l’Algérie persiste. “La situation est bloquée”, selon les dires du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot.
Depuis la reconnaissance, par la France, de la “souveraineté marocaine” sur le Sahara occidental, en juillet 2024, la crise entre Paris et Alger n’a cessé de s’exacerber. Avec, en points d’orgue, la détention à Alger de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal depuis novembre, et la décision mi-avril de Paris d’expulser 12 agents diplomatiques algériens présents en France et de rappeler son ambassadeur à Alger, en représailles à des expulsions similaires décidées par l’Algérie.
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Édité par Gérard C
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