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Engagé, sursitaire, réfractaire et appelé,

Nous avons rencontré les élèves du Lycée de Moissac le 5 avril 2012

samedi 21 avril 2012, par Gérard Kihn

Le 5 avril 2012 nous avions rendez-vous au lycée de Moissac dans le Tarn et Garonne dès 8h 45, invité par Alexis Sempé, professeur d’histoire et organisateur de la rencontre. Une journée entière devant 200 élèves de terminale et de première... Emmanuel Audrain, cinéaste, avait reçu l’autorisation de filmer la rencontre en vue d’un documentaire qu’il est en train de réaliser.

Accueillis par le proviseur, nous nous sommes retrouvés ensuite rapidement devant les élèves.
Nous avons senti tout de suite chez eux les mois de travail « en amont », préparés avec beaucoup de constance et de persévérance.

D’emblée, après la présentation des intervenants : Georges Garié, Pierre Boyer, Robert Siméon et Gérard Kihn, les questions qui témoignaient d’une prise de conscience aigüe de cette guerre et de la tragédie effroyable de l’engrenage de la violence ont fusé sans interruption.

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de gauche à droite : P. Boyer, G. Kihn, G. Garié, R. Siméon

Les thèmes abordaient les points suivants :
- Quelle était notre perception de ce conflit en arrivant en Algérie,
- Quels sentiments envers les Algériens,
- Le racisme était-il présent ?
- Les rapports avec la population algérienne et les Pieds Noirs
- Les rapports avec la hiérarchie militaire
- Pourquoi une telle violence dans cette guerre ?
- La torture, l’avons-nous pratiquée ?
- Les terribles répressions qui ont amené la révolte
- La solitude, l’attente du courrier, le ressentiment envers l’armée et les politiques.
- Pourquoi avoir tant attendu pour parler, pourquoi ce silence.

Beaucoup d’élèves ont un grand-père qui a fait la guerre et n’en parle jamais, muré dans le silence et fuyant cette parenthèse de leur vie. Et beaucoup d’autres questions.

Nous avons répondu avec franchise à toutes ces questions depuis « la faute originelle de 1830 » jusqu’à l’indépendance de 1962.

Nous représentions un panel assez complet des divers acteurs de cette guerre : un réfractaire, un appelé, un sursitaire et un engagé. La prestation de Robert Siméon, réfractaire, a énormément intéressé le public.

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Notre action par notre soutien aux constructions de projets culturels et matériels en Algérie et en Palestine, notre refus de la retraite, notre rejet de la guerre et des horreurs associées ont ému ce jeune public. Les visages étaient émus, attentifs.

Nous avons terminé à 17h00 avec une classe de terminale qui n’avait pas eu les possibilités matérielles de préparer cette rencontre. Nous nous sommes rendu compte de la difficulté à stimuler les questions, ce qui démontre l’importance d’une bonne préparation en amont comme celle qui avait été construite dans les autres classes.

Très émus en quittant Moissac, nous avons dit aux professeurs et au proviseur, que c’était réconfortant de voir la maturité des élèves et le travail intelligent et patient qui se déploie dans un établissement.

G. Kihn

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