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22 novembre 2025, création du Collectif Citoyen France-Algérie. Avec la 4ACG

samedi 29 novembre 2025, par Michel Berthélemy

Le 16 août 2025, Lyazid Benhami, fondateur du GRAL (Groupe de Réflexion France Algérie) publiait une Lettre ouverte aux présidents Tebboune et Macron, leur demandant de revenir à des relations apaisées entre les deux pays. Plusieurs associations décidaient alors de signer la Lettre et de se réunir pour créer le Collectif Citoyen France-Algérie, avec pour objectif la valorisation des sociétés civiles des deux pays dans toute leur diversité. Le rapprochement franco-algérien et la fraternisation entre les deux peuples sont les ambitions majeures affirmées à la fois dans la Lettre et dans la démarche du Collectif citoyen, rejoint tout naturellement par la 4acg.

Le Collectif a été inauguré le 22 novembre à Paris en présence d’une assistance nombreuse et motivée, attirée par un programme valorisé par la qualité des personnalités invitées.

En ouverture, Nils Andersson, Lyazid Benhami et Jean-Louis Levet, les trois initiateurs du Collectif, présentent les enjeux de la rencontre. La réconciliation, nous dit Nils, « concerne les anciens, mais l’apaisement nous concerne tous, jeunes et anciens ». Les jeunesses algérienne et française ont des valeurs communes (Jean-Louis Levet) : liberté, égalité, deux mots « pour inventer l’avenir et fournir un axe de travail à une jeunesse algérienne délaissée et à une jeunesse française facilement assimilée à une « génération Tik-tok ».

Gral 22 novembre 2025 une partie de l’assistance

Les enjeux géopolitiques et sociétaux

Dans une première séquence, Gilles Manceron, Brahimm Oumansour et Adlene Mohammedi ont traité des enjeux géopolitiques et sociétaux de la France et de l’Algérie. Pour Adlene Mohammedi, docteur en géopolitique et enseignant à l’IRIS, une crise démocratique traverse nos deux pays pour deux raisons opposées : « un récit uniforme en Algérie, une fragmentation socio-politique en France », situation qui, à défaut d’alliance, permet malgré tout des liens ponctuels. « La polarisation de la droite française sur l’Algérie signifie qu’elle n’a plus rien à dire sur les autres questions internationales ». Un bref rappel historique de Gilles Manceron des relations bilatérales entre la France et l’Algérie permet à Brahim Oumansour, directeur de l’Observatoire du Maghreb à l’IRIS, de souligner que la question mémorielle est devenue « un enjeu intérieur renforçant les extrémistes dans leurs convictions ». D’autant que l’immigration ancienne, devenue métissée, constitue pour Gilles Manceron « un obstacle essentiellement français à un dialogue apaisé ».

Economie, culture et coopération

Jean-Louis Levet, Nacer Kettane, Michel Wilson, Farid Yaker, Nicole Lefour

Dans une seconde séquence, centrée sur les projets économiques et socio-culturels, Jean-Louis Levet, ancien haut responsable à la coopération technologique et industrielle franco-algérienne, insiste sur les liens consubstantiels à la France et à l’Algérie. Pour lui, les deux économies sont complémentaires, mais « de nombreux projets voient le jour, sans toujours aboutir ». Ce qui n’est pas le cas pour Michel Wilson, vice-président fondateur de Coup de Soleil Auvergne-Rhône Alpes qui, en créant des Amap, développe des projets agro-écologiques en coopération avec des acteurs algériens et français par le biais de la permaculture.
Autre exemple de coopération : l’audiovisuel. Président fondateur de Beur-FM, Nacer Kettane s’emploie à favoriser les relations et la réalisation de projets dans le domaine de l’audiovisuel, terrain propice à une multitude d’initiatives, notamment chez les jeunes.

Rencontre avec des associations pionnières

On retrouve ce thème dans la séquence intitulée « Mémoire, solidarité et transmission » dans laquelle les associations pionnières du Collectif présentent leur action. Christian Travers brosse un tableau de l’origine et surtout du présent de la 4acg, impliquée dans de multiples actions individuelles et collectives dédiées à la transmission, à la mémoire, et au combat pour la paix et la fraternité dans le monde. Même combat pour l’ANPNPA de Jacques Pradel, pour qui ceux qu’on appelle les Pieds-noirs se doivent de participer à la lutte contre le colonialisme et l’extrême-droite qui véhicule la haine et « travaille à la réhabilitation du fait colonial et de l’Algérie française ».
Quant à Farid Yaker, président du Forum France Algérie, il est à l’origine de Solimed France Algérie, une structure qui a mis en place, sur le réseau What’s ap, un système de demandes et de fournitures de médicaments en direction de publics fragilisés.

Transmission et relations inter-générationnelles

Les nouvelles générations ont mobilisé les débats de la dernière table ronde. Acteurs des liens franco-algériens présents et à venir, les jeunes ont pu montrer qu’ils ne manquaient ni de projets ni d’énergie. Sociologue des migrations, l’universitaire Bruno Laffort cherche avec ses étudiants à créer des ponts, des liens avec les jeunes Algériens. « Aller vers les autres, voyager, accueillir l’étranger » est pour lui une démarche essentielle. Il conclut : « la société est en avance sur les pouvoirs, profitons-en ! ». Volonté partagée par Brahim Djellouadji, membre de Touiza Solidarité : « créons des liens, pour les nourrir et les enrichir en permanence ».
Tinhinane Kerchouche, journaliste et artiste plasticienne, dit ensuite l’importance des pratiques culturelles dans la compréhension mutuelle et la rencontre avec d’autres cultures. Discours partagé par Sonia Gassemi, diplômée des Beaux-arts et militante féministe. Pour elle, "l’art est un moyen de se connaître et de connaître l’autre". Après quelques chroniques radiophoniques et « piges » au journal algérien Liberté, elle se consacre aujourd’hui à des projets d’expositions sur les camps de regroupement imposés aux Algériens pendant la guerre d’Algérie.

« La photo et le pinceau comme seules armes »

La journée, riche en rencontres, en échanges et en promesses, nous offre une conclusion en images avec le très émouvant film documentaire (15mn) de Yohan Laffort, « La photo et le pinceau comme seules armes », qui raconte la relation de Claude Cornu, appelé en 1958 mais refusant de porter les armes, avec la population d’un village perdu des Aurès. Et le sourire de ces enfants….

Michel Berthelemy

liens vidéo
(380) Inauguration du Collectif Citoyen France Algérie Partie 1 - YouTube
https://www.youtube.com/watch?v=m9Lstr91Ehc

(380) Inauguration du Collectif Citoyen France Algérie Partie 2 - YouTube
https://www.youtube.com/watch?v=iehoDQ7E1YE

La lettre ouverte du 16 août 2025 aux présidents Tebboune et Macron
https://blogs.mediapart.fr/les-invi...

N.D.L.R.

https://histoirecoloniale.net/fondation-dun-collectif-citoyen-france-algerie/

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