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Vie quotidienne, droits de l’homme, humeur et humour doux-amer : « Jours tranquilles à Alger »

jeudi 22 septembre 2016, par Michel Berthelemy

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Selon le quotidien El Moudjahid du 21 septembre 2016, un projet de loi relative au Conseil national des droits de l’homme (CNDH), une institution « dédiée à l’épanouissement des droits de l’homme en Algérie », doit être présenté ce même jour devant l’Assemblée populaire nationale (APN).

C’est une bonne nouvelle, dont les Algériens ne pourront que se réjouir. Ce projet ne sera pas inutile, si l’on en juge par certaines informations récoltées ça et là, qui ne vont pas tout à fait dans le sens d’un renforcement des droits de l’homme en Algérie. Le sujet est délicat, mais essentiel. Des citoyens tentent de se mobiliser, des organisations sont en éveil, et quelques journalistes s’engagent malgré les risques encourus. Témoins ces deux collaborateurs du complément week-end du journal El Watan, qui viennent de publier un recueil de leurs chroniques de ces dernières années, qu’ils ont intitulé « Jours tranquilles à Alger ».

Ce recueil est une suite de réactions enregistrées au jour le jour depuis 2010, réactions à des événements, des incidents, des déclarations, des faits de société reflétant le quotidien de la population algérienne, ses difficultés, sa misère, mais aussi sa formidable envie de vivre.

Se dessine en filigrane une Algérie qui se trouve face à un énorme défi : réussir une transition politique délicate avec une génération de dirigeants civils et militaires qui refusent de s’effacer, repenser son économie écrasée par la rente des hydrocarbures, et gérer une population en mutation sous l’effet de la pression démographique. L’Algérie en a les moyens, mais il lui faut construire un état de droit qui ne soit plus contesté, ni contestable.

Immergés dans l’actualité, et parfois dans les secrets d’un pouvoir insaisissable et complexe, les deux journalistes nous font partager leurs rencontres au quotidien, au gré de chroniques douces-amères dans lesquelles ils retracent heures sombres et moments de grâce, et par-dessus tout leur attachement profond à cette nation jeune, riche d’histoire, et fascinante.

« Alger est un roman », nous dit Kamel Daoud dans sa préface. « L’intrigue y est : qui a tué le pays ? On y a le cadavre, les présumés coupables, les témoins éparpillés, le verbe et le doute, sous le soleil, entre une plage et un désert ». Il ajoute : « quand on mêle un puits de pétrole, des vétérans désœuvrés et vaniteux et un culte de l’histoire, cela vous donne un pays paranoïaque comme une sentinelle. Une entité idéologique étrange : néo-islamiste et post-socialiste, décolonisateurs et colonisés perpétuels ».

Ce petit livre, hors de tout discours et de toute démonstration théorique, nous fait comprendre au ras du quotidien ce que vivent les Algériens, quels que soient leur âge, leur condition sociale et leur niveau de vie. Indispensable si l’on veut comprendre un tant soit peu ce que pensent et vivent nos amis algériens.

Jours tranquilles à Alger, de Adlène Meddi et Mélanie Matarese, avec une préface de Kamel Daoud, est publié chez Riveneuve éditions à Paris.

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