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J’ai lu les mémoires d’un soldat français
mardi 14 juillet 2026, par
Par Farid Saâda, littérature et poésie
Source Post d’Hassène HARZLI.
L’Algérie durant la tyrannie coloniale française
J’ai lu les mémoires d’un soldat français
J’ai lu, après la guerre, les mots d’un soldat français pas un tract, pas une accusation algérienne, pas un slogan de maquisard.
Non. Les mémoires froides, tardives, presque cliniques d’un homme qui avait survécu……et que la honte avait finalement rattrapé.
Il raconte les opérations en Kabylie.
Les embuscades.
Les villages encerclés à l’aube.
Les montagnes fouillées comme on fouille une bête blessée…
Il parlait de « ratissages », ce mot propre inventé pour masquer le massacre…
Il parlait de maisons brûlées, d’hommes abattus devant leurs familles, de corps laissés à terre pour que la peur fasse le reste…
Et puis, il écrit cela…
Cela que l’histoire officielle n’enseigne pas…
Cela que même les vainqueurs n’osent pas revendiquer.
Quand les soldats entraient dans les villages après avoir tué, après avoir humilié, après avoir laissé les survivants hébétés, sans défense, sans hommes, sans protection, les femmes comprenaient…
Elles comprenaient sans qu’on leur explique…
Elles comprenaient avant même que les regards se posent sur elles…
Alors elles couraient…
Elles couraient non pas vers un refuge, mais vers les écuries…
Vers les étables obscures, humides, écrasées d’odeurs animales…
Elles se jetaient littéralement dans les excréments, pas symboliquement… Physiquement…
Elles plongeaient leurs corps dans le fumier chaud, encore frais, mêlé d’urine, de paille pourrie, de restes de bêtes…
Elles s’en enduisaient la peau, les cheveux, le visage, la poitrine, les cuisses…
Elles se frottaient jusqu’à disparaître sous la crasse…
Elles savaient que l’odeur serait leur seule arme…
Ces femmes préféraient être couvertes de merde plutôt que livrées à la « civilisation » des fusils et des uniformes…
Elles préféraient la saleté visible à la souillure irréparable
Elles transformaient leur propre corps en barrière, en dégoût, en refus absolu
Et le soldat écrivait – avec une honte qu’aucun pardon n’efface – que ses camarades reculaient…
Qu’ils détournaient le regard.
Non pas par humanité…
Mais parce que même le désir prédateur a ses limites quand l’odeur de l’horreur devient trop forte !
Quelle vérité monstrueuse :
La morale n’a pas arrêté ces hommes…
La loi ne les a pas arrêtés…
Mais le fumier oui !!!
Ces femmes algériennes ont porté sur leur peau ce que les livres ont refusé d’écrire…
Elles ont sacrifié leur dignité apparente pour sauver leur honneur profond…
Elles ont compris que dans une guerre coloniale, le viol n’est pas un accident :
C’est une arme, une stratégie une continuité du massacre…
Mon Dieu… Combien la femme algérienne a souffert…
Elle a vu son mari exécuté,
son fils battu, son village brûlé…
Et elle a encore trouvé la force de protéger ce qui restait inviolable en elle…
Après avoir vu cela, comment ne pas prendre le maquis à douze ans ?
Comment ne pas choisir la montagne plutôt que l’humiliation ?
Comment ne pas préférer la mort armée à la survie souillée ?
Ce soldat français a écrit que la honte l’avait envahi.
Tant mieux.
Mais qu’il sache une chose :
cette honte n’est qu’un écho lointain de ce que ces femmes ont vécu en silence.
Elles n’ont laissé ni mémoires, ni livres, ni médailles.
Elles ont laissé quelque chose de plus grand :
une leçon terrible sur la dignité humaine.
Ce jour – là, dans les étables de Kabylie,
la femme algérienne a vaincu sans armes.
Et l’occupant, lui, a perdu à jamais le droit de parler de civilisation.
La vérité n’appartient ni à une époque ni à un uniforme.
La souffrance des femmes algériennes ne commence pas en 1830 et ne s’arrête pas en 1962.
<< Toute domination étrangère armée, quelle que soit sa langue ou sa religion, a utilisé le corps de la femme comme champ de bataille. >>
Farid Saâda
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Source :
Post de Hassène HARZLI. Via Anita.
L’Algérie durant la tyrannie coloniale française
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Édité par Gérard C
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