Le lundi 5 juillet 2010, par Michel B
D’ici à 2012, nous allons avoir droit aux discours et manifestations de tous les nostalgiques de l’Algérie française, depuis les militants OAS recyclés au Front national, jusqu’à certaines associations de pieds-noirs et anciens combattants figés dans leur passé.Le 19 mars 2012 marquera en effet le cinquantième anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, qui mettait fin à huit années de guerre et de palinodies politiques en tous genres.
Aujourd’hui, il est temps de réfléchir sereinement à cet épisode sanglant pour nos deux peuples, algérien et français. Plutôt que nous invectiver, ne serait-il pas préférable que chacune des parties en présence à cette époque ne cherche pas à imposer aux autres sa seule vision des choses, et travaille au contraire, avec les autres, à faire émerger une vérité commune ?
Travailler sur la mémoire. Travailler sur les mémoires. Afin de les faire se frotter, se confronter, et d’en retirer « une leçon d’Histoire ». C’est ce qu’a décidé d’entreprendre, cette année, la 4acg, et nous vous invitons à y joindre votre voix.
D’ici à 2012, les tenants de l’Algérie française, les défenseurs du colonialisme et de ses « bienfaits », vont se déchaîner. On l’a vu à Cannes lors de la présentation du film « Hors-la-Loi », on le voit à Montpellier où se construit un musée sur L’Histoire de la France en Algérie, on le voit à Perpignan, à Toulon, à Béziers, où des stèles sont censées glorifier les anciens militants OAS, on le voit enfin à Paris, où le Mémorial du Quai Branly, érigé en hommage aux militaires et supplétifs morts au combat en Afrique du Nord, comporte désormais les noms d’anciens activistes et militants de l’Algérie française.
Il va falloir être vigilants. Tenter de rétablir les déformations et les contre-vérités. Dire partout et toujours que la haine ne résout rien, que la tentation colonialiste est un poison. Et qu’il vaut mieux travailler à la réconciliation et au dialogue que de macérer dans la rancune et l’esprit de revanche.